Quel titre ! Mais Mr Pommier est un habitué des violents coups de pieds dans les hautes sphères de la pensée unique.Il s'est fait connaître comme l'adversaire acharné du structuralisme en s'en prenant dans sa thèse de doctorat au "Sur Racine" de Roland Barthes. On lui doit l'édifiant "Roland Barthes, ras le bol !" réédité en 2006 (issu de sa thèse), le "Thérèse d'Avila, très sainte ou cintrée ?" et le "Assez décodé !" pour lequel l'Académie Française lui a décerné le Prix de la Critique (2007), entre autres ouvrages critiques. N'est redoutable que le dissident qui possède le savoir. René Pommier est cet homme redoutable : ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de lettres et Docteur ès-lettres , il a été durant 22 ans Maître de Conférences à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV). Il a reçu le Prix Alfred Verdaguer décerné par l'Institut de France, pour l'ensemble de son oeuvre. A 76 ans, René Pommier reste un critique vigoureux et même s'il est d'ores et déjà un monument de la critique rationnelle il n'en demeure pas moins très moderne : son site est très fourni et permet à chacun de lire de nombreux passages de ses livres. "On dit que le Christ n'a jamais ri une seule fois dans sa vie. C'est que personne n'a jamais pensé à lui dire que sa mère était vierge." (Beaucoup d'autres encore --> ici) Vous l'aurez donc compris, Mr Pommier ne pouvait que me plaire ! Il me semble même avoir trouvé mon Maître ès-bon sens. Il se l'était promis : prendre entre 4 yeux la théorie psychanalytique sur le rêve de Sigmund Freud. Chose promise, choses due : René Pommier n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Le plus remarquable dans tout cela, c'est qu'il est resté concentré sur une méthode de critique très accessible à tous : une critique du texte à proprement parler. Pas de digressions théoriques compliquées ; pas de rappels à des notions trop subtiles et non accessibles aux profanes de la psychanalyse. Rien de plus qu'une lecture attentive des propos de Sigmund lors de ses séances de psycho-analysis. Une étude basée sur la cohérence des dialogues entre patient/thérapeute, éclairée par les concepts freudiens. Et là évidemment, René Pommier a fait mouche... Sigmund Freud passe le plus clair de ses séances à fouler au pied les principes de sa théorie (L'Interprétation du rêve, 1899-1900) ; il se "parjure" en permanence ; il généralise une idée à partir de cas particuliers ; il tord et retord les confessions obtenues pour obtenir une validation de sa théorie, allant même jusqu'à tout simplement les suggérer au patient. Exempt de toute probité scientifique, Freud n'hésite pas à élaguer le discours initial du patient pour n'en garder que ce qui pourra, par la suite, servir sa théorie. René Pommier remet en perspective, au sein même des rêves racontés par les patients, l'idée première de Freud lorsqu'il se met en quête d'analyser les rêves : le rêve serait l’accomplissement d’un désir, désir forcément sexuel ; plus ce désir a été refoulé par le sujet, plus le rêve présentera l'accomplissement de ce désir sous une forme déguisée. Tellement déguisée qu'il arrive bien souvent que Freud donne à une chose mais également à son contraire le même sens. C'est ce qui s'appelle ne pas s'embarrasser de petites contradictions. Mais si le rêve cherche à satisfaire le dormeur, comme le prétend Freud voire même à prolonger son sommeil et ainsi sauvegarder cette fonction vitale, comment expliquer les cauchemars ? Cette question ce n'est pas moi qui la soulève, mais René Pommier homme de bon sens par excellence. Freud n'a pas pris le temps d'y répondre... interrogation trop délicate. Beaucoup d'idées passent en revue avec cette même méthode simple et efficace. On en ressort ébranlé (pour les pro-freudiens) ou convaincu (pour les anti-freudiens). Tout cela écrit avec une langue aussi aérée qu'une belle crème chantilly, une floppée de réflexions très acides mais jamais vulgaires, une ribambelle de remarques drôlissimes et jubilatoires, un florilège de mots inusités tels que : balivernes, fariboles, calembredaines, foutaises, aliboron... tous destinés à Mr Freud et ses écrits ; autant dire qu'il est rhabillé pour un moment. C'est drôle et extrêmement bien écrit, solide et argumenté : tout cela rend cet essai diablement redoutable pour le sphinx de l'orthodoxie qui campe devant la Psychanalyse.
***
"l'homme est probablement un animal porté à croire ; c'est, en tout cas, un animal porté à croire qu'il n'en est pas un."
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Freud et le Pommier
In Ils ont écrit pour nousmercredi 24 avril 2013
Un cabinet des curiosités nommé Twitter
In One Shotmardi 1 janvier 2013
Twitter, c'est comme un grand hall de gare. On y entre sans connaitre grand monde (pour les quidam comme moi) et avec un peu de chance, dans la foule, on repère des gens avec qui on "pourrait" éventuellement discuter.
C'est un peu le système du : je connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui lui-même connait untel, et ainsi de suite...
Vous lancez une réflexion, et le téléphone Maure (expression 2013, politiquement correcte) se charge de balader votre géniale fulgurance intellectuelle.
Evidemment plus vous connaissez de "quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait untel", plus votre pensée (le plus souvent d'une profondeur socratique) fait du chemin.
Tout a commencé, en 2005/2006, pas très loin de là où je vis actuellement, à San Francisco.
Deux types, Noah Glass et Evan Williams étaient partis sur l'idée du micro-blogging : un petit outil pour raconter à la minute, ce qu'on fait, ce qu'on pense, là, maintenant, à l'instant T. L'idée étant que, installé sur son téléphone, l'outil pouvait permettre d'être très réactif, partout où on se trouve. C'était le principe d'un sms, sans l'envoi multiple, puisque tous les gens qui suivent un quidam qui écrit, peuvent lire le-dit sms (d'où la limitation des tweets à 140 caractères). (L'histoire est en réalité un peu plus complexe que ça, voir l'article, mais Noah Glass étant le vrai leader spirituel de Twitter, pas besoin que je m'étende).
Ayant la vue basse (mais pas l'air con !) je n'aurais pas mis $1 là-dessus. Une plateforme pour écrire minute par minute ce que l'on fait : qui cela pouvait-il donc intéresser ?
En 2009, des documents internes à Twitter ont été dérobés et publiés, et on peut vite se rendre compte que le succès est arrivé vite, si vite, que les stratégies commerciales de la Start-Up n'étaient pas encore très claires dans la tête de tout le monde, sauf à être The pulse of the Planet. Ce qui était déjà un bel objectif, très américain finalement : think bigger !
Ils savaient au moins 2 choses : ils voulaient 1 milliard d'abonnés pour 2013, embaucher 5000 personnes et s'interrogeaient très sérieusement sur l'idée de rentabiliser Twitter en moneyant des comptes commerciaux (“Charging more to fewer users is a good model.”).
En juin 2012, les abonnées à Twitter étaient 517 millions. C'est beaucoup, mais c'est moitié moins que ce que la compagnie avait en tête lorsqu'elle élaborait ses modèles de rentabilité. Et ce n'est pas 5000 personnes qui travaillent pour Twitter mais seulement 175 (Source) en 2012.
Bref ceci étant dit, le phénomène Twitter est extraordinairement amusant à contempler.
Au départ, il y avait les suiveurs et les suivis (en VO les followers et les following.)
Les mots français étant (peut-être) un tantinet effrayants d'un point de vue psychopathologique, ils ont été re-traduits par "abonnés" et "abonnements". Termes beaucoup moins drôles comme s'il était difficile d'assumer que l'on est un "suiveur" ou que l'on est "suivi", ce qui reste un état de fait même si on change d'appellation.
K. Marx n'avait pas vu le coup venir ! La population twitteuse ne se distingue plus selon diverses catégories sociales mais selon 3 catégories, facilement identifiables : Les suiveurs qui sont suivis (ou inversement, les suivis qui sont suiveurs), les suiveurs et les suivis. Vous me suivez ?
Catégorie A : Vous êtes suivis par des gens avides de lire vos réflexions (ils sont donc vos followers) et vous même, vous suivez d'autres personnes (vous êtes donc également un follower et ils sont vos following).
Vous êtes un suiveur suivi (ou encore un suivi suiveur).
Catégorie B : Vous suivez des gens, mais personne ne vous suit vous. Ce qui est actuellement mon cas.
Vous êtes
Catégorie C : Vous êtes suivi par une foule de personnes mais vous ne suivez pas grand monde.
Vous êtes
Ceux qui ne sont pas très créatifs ont la possibilité de "retweeter" ce que les autres racontent. C'est une manière de dire : untel a dit ça, faites passer. Option qui actuellement me convient bien. Je ne suis donc pas seulement une suiveuse mais aussi une répéteuse (et non repéteuse !).
Mais si vous m'avez bien suivi, cela n'a pas grand intérêt puisque personne ne me suit.
Si on veut être plus pointilleux, on peut également distinguer les suiveurs/suivis selon leur morphologie.
Il y a le twitter obèse. Son compte pèse lourd.Justin Bieber par exemple : 32 millions de suiveurs... Et lui même suit plus de 123 000 personnes.
Il a dépassé les 20 000 tweets !
Sachant que ce jeune homme ne comprend que l'anglais, autant dire que lui écrire un tweet autrement qu'en anglais, n'a aucun intérêt. Il ne retweet d'ailleurs que des tweets anglais (logique puisqu'il ne comprend pas les autres) et en dehors de tweets purement promotionnels, il est tout à fait capable d'écrire des tweet qui ne servent à rien et sont totalement insipides.
Il appartient à la catégorie A.
Il y a le twitter élitiste, appartenant à la catégorie C, qui ne s'use pas trop les doigts pour twitter à tout vent.
Exemple, Tom Hanks n'a que 462 tweeds à son compteur. Il ne suit que 24 personnes alors que plus de 5 millions de personnes le suivent.
Elitiste mais plus gourmande, on a Oprah Winfrey avec plus de 5500 tweet ; elle comptabilise plus de 15 millions de suiveurs mais ne s'essouffle qu'à suivre... 88 personnes !
On y trouve également Gary Sinise qui tente d'équilibrer au mieux ses suiveurs et ses suivis.
"Au mieux" évidemment car quand on a 309 000 personnes qui vous suivent comme dans son cas, difficile de suivre à son tour autant de personnes. Sauf à suivre tous ceux qui vous suivent. Gary s'est donc "abonné" à 738 personnes et affiche plus de 3000 tweets. A noter qu'il fait parti des rares Happy Few à être suivis par Mr Hanks.
A retenir, le cas Bruno Mars. Plus de 14 millions de suiveurs alors que lui-même ne suit que 78 personnes ! 2300 et quelques tweets. En comparaison, Demi Moore dont on ne parle finalement plus que pour dire qu'elle tweet à fond, rame avec 5 millions de suiveurs.
A ce propos, le rendement de suiveurs de Bruno Mars laisse songeur : le 31 mars 2011, il comptabilise 1 million de followers / le 12 juin 2011 : 2 millions / le 25 septembre : 3 millions / le 16 octobre 2011 : 4 millions / le 14 novembre 2012 : 5 millions / le 21 décembre 2011 : 6 millions / le 10 février 2012 : 7 millions / le 31 mars 2012 : 8 millions / le 6 mai 2012 : 9 millions / le 12 juin 2012 : 10 millions.
Une remarquable précision horlogère ! Presque chaque mois Bruno Mars gagne 1 million de followers sans que rien ne perturbe le mécanisme. Surprenant...
Voir l'article du Petit Web sur cette technique transversale à Twitter qui veut que l'on puisse tout simplement "acheter" des followers. 50 000 followers coûtent 149 dollars. Article d'ailleurs très drôle puisque l'idée de base pour tester cette triche a été de créer un compte twitter proposant d'acheter des kebab... sur Mars !
Le twitter anorexique ou inconnu.
Moi par exemple. Je suis ou I follow moins de 20 personnes, je ne suis suivie par personne et j'ai peu de tweets au compteur.
Je n'ai pas non plus ni les moyens, ni l'envie d'acheter 50 000 robots followers. A quoi donc cela me servirait-il ?
A être connue !
Car je gagne à être connue parait-il. Ou alors n'est-ce qu'une formule ironico/drôlatique que j'ai prise pour argent comptant... Bref, l'idée est que plus on a de followers, plus on compte. Et commercialement, ça compte ou plutôt ça chiffre. Si je recherche des sponsors (ou du boulot), être très populaire va beaucoup m'aider. Si personne n'a jamais entendu parler de moi, même pas ma propre mère (puisqu'elle ne me suit pas sur twitter, et pour cause, elle n'a pas internet) alors je n'obtiendrai sûrement pas les fonds que je recherche.
Parce que ces "chers" followers représentent un indice de popularité et donc de rentabilité.
Quoique les faux "followers" brouillent un peu les pistes. Adèle, la chanteuse, a moins de "suiveurs" que Bruno Mars alors qu'elle vend beaucoup plus.
Idem pour Marc Lévy qui n'a que 11 632 suiveurs, ce qui est peu au vu du nombre de livres qu'il vend.
Dans le choix des personnes que certains décident de suivre, il y a parfois
Serge Joncour est abonné au compte de... Nikos Aliagas ! Qui lui même est abonné à plus de 40 000 comptes twitter et comptabilise plus de 45 000 tweets !
Ces twitters portent désormais un nom : les twitaholic ! Personne ne dit comment ça se soigne.
Une certaine Patty, twitaholic s'il en est, enregistre près de 568 000 tweets ! Pour 14 518 followers que je plains du fond du coeur !
Je cite Serge Joncour dans le Huffington Post : "On est loin du 19e siècle lorsque les gens reconnaissaient Victor Hugo dans la rue. Aujourd’hui il y a un véritable appauvrissement des conditions à mettre en œuvre pour devenir célèbre". Et moi je lui réponds : CQFD.
En dehors d'une soif avide de reconnaissance détectée par Andy Warhol, il y a de cela plusieurs années, ou d'une nécessité à entretenir un lien avec The World ou même du plaisir à échanger avec des gens que l'on n'aurait aucune occasion de rencontrer for real, en dehors d'une multitude de raisons, il n'en demeure pas moins que c'est une mine d'or pour s'informer sur autrui.
Quand on tweet que l'on est en vacances, que l'on envoie des photos, on dit dans le même temps : "il se peut que n'étant pas chez moi, ce soit le moment, amis cambrioleurs, de venir y faire un tour."
Il semblerait que la Stasi qui était quand même assez douée dans le domaine de la collecte d'infos soit largement dépassée par des outils qui ne nécessitent aucun personnel sur le terrain. Car il n'est plus besoin de "recruter" pour en savoir un paquet sur untel ou untel. Il suffit juste de le ou la voir se prendre d'affection pour les réseaux sociaux. La Stasi avait besoin, quant à elle, de 91 000 employés officiels et de plus de 173 000 informateurs pour surveiller Monsieur et Madame Toutlemonde (soit à peu près 1 informateur pour 60 citoyens, compte tenu de la population en Allemagne de l'Est). De nos jours, il suffit d'observer leur profil sur Facebook, leur photos sur Instagram et leur pensées sur Twitter. Big Brother n'a même pas besoin de s'intéresser à nous, nous nous offrons littéralement à lui. Effrayant... de facilité.
Les jeunes sont évidemment les moins bien protégés. Ils sont bavards. Et, parce qu'ils sont jeunes, ils imaginent que chaque minute de leur existence permet à la Terre de rester en orbite autour du soleil et de tourner.
Cela permet surtout aux futurs recruteurs de pénétrer leur vie intime, de les voir comme ils n'auraient jamais du être vus, de savoir des choses que seuls les agents de la Stasi étaient en mesure d'apprendre.
Car je suppose que ce que nous pensons être des profils "verrouillés" ne doivent pas être trop redoutables à "perforer" pour des petits génies informaticiens.
Pour en revenir à mes moutons blue birds, la première polémique de Twitter ( un tweetclash en langage twitter) pour 2013 aura été (pour le microcosme parisien) celle de Valérie Damidot (@damidotvalerie en langage twitter) qui hurlait de rage contre une société de voitures de luxe avec chauffeur (www.uber.com) qui a "outrageusement" multiplié les prix de ses courses le soir du 31 décembre (146 € pour 6 kilomètres). Là encore, Twitter nous apprend des tas de choses. Tout d'abord, Valérie Damidot parle couramment le Maure ! Ca, c'est quand même l'info la plus importante !
L'info subsidiaire, c'est que de "pauvres" gens utilisent une compagnie de chauffeurs privés dans des voitures sans compteur (et sans compter). Moi j'dis juste que c'est un problème de riches, et si ces gens sont pauvres, alors c'est un problème de pauvres qui se croient riches.
Car sur Twitter, on se clash, on se pique des scoop, on fait basculer des élections et tout cela en 140 caractères ! A défaut d'être zen, on est au moins très synthétique, ce qui parait-il est un signe d'intelligence. De là à insinuer que Twitter nous rend moins moins cons que ce que nous étions avant de s'y inscrire... Pas impossible qu'un jour cet argument nous soit avancé.
Il semblerait que la Stasi qui était quand même assez douée dans le domaine de la collecte d'infos soit largement dépassée par des outils qui ne nécessitent aucun personnel sur le terrain. Car il n'est plus besoin de "recruter" pour en savoir un paquet sur untel ou untel. Il suffit juste de le ou la voir se prendre d'affection pour les réseaux sociaux. La Stasi avait besoin, quant à elle, de 91 000 employés officiels et de plus de 173 000 informateurs pour surveiller Monsieur et Madame Toutlemonde (soit à peu près 1 informateur pour 60 citoyens, compte tenu de la population en Allemagne de l'Est). De nos jours, il suffit d'observer leur profil sur Facebook, leur photos sur Instagram et leur pensées sur Twitter. Big Brother n'a même pas besoin de s'intéresser à nous, nous nous offrons littéralement à lui. Effrayant... de facilité.
Les jeunes sont évidemment les moins bien protégés. Ils sont bavards. Et, parce qu'ils sont jeunes, ils imaginent que chaque minute de leur existence permet à la Terre de rester en orbite autour du soleil et de tourner.
Cela permet surtout aux futurs recruteurs de pénétrer leur vie intime, de les voir comme ils n'auraient jamais du être vus, de savoir des choses que seuls les agents de la Stasi étaient en mesure d'apprendre.
Car je suppose que ce que nous pensons être des profils "verrouillés" ne doivent pas être trop redoutables à "perforer" pour des petits génies informaticiens.
Pour en revenir à mes L'info subsidiaire, c'est que de "pauvres" gens utilisent une compagnie de chauffeurs privés dans des voitures sans compteur (et sans compter). Moi j'dis juste que c'est un problème de riches, et si ces gens sont pauvres, alors c'est un problème de pauvres qui se croient riches.
Car sur Twitter, on se clash, on se pique des scoop, on fait basculer des élections et tout cela en 140 caractères ! A défaut d'être zen, on est au moins très synthétique, ce qui parait-il est un signe d'intelligence. De là à insinuer que Twitter nous rend moins moins cons que ce que nous étions avant de s'y inscrire... Pas impossible qu'un jour cet argument nous soit avancé.
Pour ceux que je n'ai pas perdu en cours de lecture, je pourrais rester des heures à jacasser avec vous et observer le monde de Twitter mais j'ai du pain sur la planche ! Je vous rappelle que j'ai un compte Twitteur à faire tourner car je n'ai aucun follower ce qui est passablement violent pour mon Ego, même si quoique je fasse, qui que je sois, je serai toujours la "suiveuse" de quelqu'un.
PS : Avant de cliquer pour refermer ce post, rien ne vous interdit de tweeter cet excellent post !
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PS : Avant de cliquer pour refermer ce post, rien ne vous interdit de tweeter cet excellent post !
Mini récap 2012
vendredi 28 décembre 2012
Meilleur fou rire 2012 :
"Faites entrer Fabrice Eboué" One Man Show de Fabrice Eboué.
Sorti en 2010 ou 2011, revu en 2012 : aucun spectacle ne m'a fait autant rire depuis !
Meilleure émotion musicale 2012 :
Emeli Sandé "Next to me"
Il suffit juste de fermer les yeux et de se laisser porter par la voix d'Emeli.
Pire humiliation 2012 :
"Plotin : une terrible beauté" France Culture
Après voir lu une multitude de livres sur les philosophes grecs, j'ai cru que c'était gagné et que j'allais pouvoir me la péter tranquille sur le sujet : cette émission m'a fait comprendre que j'étais loin du compte ! J'ai tout simplement rien compris ! Voire plus, je me suis demandée si j'avais bien le nombre de neurones requis pour suivre l'émission...
Pire film 2012 :
"Taken 2" sans aucune hésitation !
La fille de Liam Neelson qui peine à passer son permis de voiture aux USA (donc sur une boite auto), se met à conduire comme les mecs de Fast & Furious (sur une boîte manuelle) dans les rues d'Istambul.
Dans le 1, Liam Neelson devait sauver sa fille, dans le 2, il doit sauver son ex-femme !
Dans le 3, il sauvera sûrement le petit ami de sa fille ou le prochain mec de son ex-femme ou le chien de la voisine...
Pire flippe 2012 :
Les Grandes Gueules, RMC, 12h30, un invité.
Ce jour là (15 Novembre 2012) c'était Michel Onfray et je ne me lasse pas d'écouter ce grand garçon répondre à la question "Quels sont vos revenus ?"
Michel Onfray :"Je ne sais pas. Les choses arrivent chez mon comptable, et on me dit que je peux dépenser. Quand je ne peux plus dépenser, on me le dit. Alors j'ai des grosses rentrées d'argent quand y a des gros succès de librairie, j'ai pas de rentrées d'argent pendant plusieurs mois quand y a pas de succès de librairies, au bout du compte, en fin d'année, je ne sais pas... Je suis un nanti..."
Michel Onfray est un peu sous tutelle. Il gagne des choses (!) et une organisation nébuleuse désignée sous le terme de "on" lui dit quand il peut aller acheter à manger, se vêtir, partir en vacances. Quand il n'a plus le droit, "on" lui dit d'arrêter et Michel arrête (normal, "on" a l'air flippant !).
Michel sait qu'il est riche mais il ne sait pas s'il est un peu riche ou très riche, seul "on" le sait.
Ca fait froid dans le dos...
Meilleure nouvelle 2012 :
L'échec de Mitt Romney
Meilleur cadeau 2012 :
Un transformateur de voltage. Le mien peut encaisser jusqu'à 1500 watts. Seuls les gens qui voyagent longtemps peuvent comprendre à quel point c'est un joli cadeau !
Sinon, j'avoue, j'aurais beaucoup aimé un petit 4 carats mais ça n'a pas le même usage.
Ecrire sur Twitter
Pour dire quoi ? Rien d'important.
Comme tout le monde, non ?

Pire révélation 2012 :
Il se pourrait que George C. soit en fait un buveur de thé !
Pire injustice 2012 :
J'ai eu du mal à choisir... dans cette société monarchique où certains sont mieux lotis que d'autres selon qu'ils sont ou pas proches de la cour. La dernière en date :
En cas de décès d'un sénateur ou d'une sénatrice, le taux de réversion de la pension versée à la veuve ou au veuf s’élève à 70% du montant du salaire. (C'est 54% pour tous les autres manants).
Liberté - Egalité - Fraternité...
Meilleure idée 2012 :
Prendre des cours en ligne sur Coursera.
J'hésite entre un cours intitulé Game Theory à l'Université de Stanford ou Galaxies and Cosmology à Caltech.
J'déconne ;)
Enfin, pas en ce qui concerne prendre des cours avec le site Coursera : tous les cours sont gratuits, donnés par des profs enseignant dans les plus grandes universités et certains cours donnent droit à une certification qui atteste de votre réussite au cours suivi (all in English, sorry).
Meilleure vanne 2012 :
"Le changement, c'est maintenant !"
Meilleure photo 2012 :
S'il fallait choisir... Vous partiriez avec lequel ?
Photo piquée sur le site d'Ellen Degeneres.
Meilleurs bouquins 2012 :
Ceux de Luciano De Crescenzo
Forget Ze Pôle Emploi / Part I
In No brain... No painjeudi 6 décembre 2012
Vous êtes au chômage ? Vous hésitez à vous présenter à des postes car votre CV n'affiche pas le diplôme requis ? Vous n'affichez pas une expérience qui puisse justifier de postes similaires ?
Pffff... ! Heureusement que je suis là !
Comment n'y avez-vous pas pensé plus tôt ? Alors même que l'exemple vient d'en haut.
Désormais tout est permis, alors foncez !
Nom : Cahuzac
Prénom : Jérôme
Poste : Ministre Délégué du Budget
Profession initiale : Chirurgien cardiaque puis Chirurgien esthétique
Pffff... ! Heureusement que je suis là !
Comment n'y avez-vous pas pensé plus tôt ? Alors même que l'exemple vient d'en haut.
Désormais tout est permis, alors foncez !
Vous êtes contrôleur de gestion et vous rêver d'exercer la chirurgie cardiaque ?
C'est possible ! Et l'inverse aussi
Nom : Cahuzac
Prénom : Jérôme
Poste : Ministre Délégué du Budget
Profession initiale : Chirurgien cardiaque puis Chirurgien esthétique
Alors ? Convaincu ?
Prochaine semaine : Forget Ze Pôle Emploi / Part II
CONTRE le mariage gay mais POUR la connerie universelle
In One Shotdimanche 18 novembre 2012
Beaucoup de personnes actuellement argumentent leur position en faveur ou en défaveur du mariage entre deux personnes de même sexe. Il est assez stupéfiant de constater que les arguments avancés en défaveur du mariage "homosexuel" sont d'une pauvreté intellectuelle affligeante. A croire que les "CONTRE" n'ont pas fait fonctionner leur cerveau depuis le collège (s'ils l'ont jamais fait). J'entends des absurdités abyssales qui me rappellent sans cesse Michel Audiard et je peux vous dire que les cons, en ce moment, on les reconnait hyper facilement.
Je trouve que le débat est et doit être présent. Et comme Voltaire, je pourrais dire que "je ne partage pas le même avis que certains mais je pourrais me battre jusqu'à la mort (Oui enfin Voltaire, pas moi !) pour que ceux-là puissent s'exprimer". Sauf que, les justifications des "contre" sont à pleurer d'imbécilité ! J'entends : "Faut un papa et une maman" "Les pauvres enfants, ils vont devenir homosexuels c'est atroce !" "Depuis toujours le monde est fait pour qu'une femme soit avec un homme" "C'est contraire à l'ordre naturel" bla bla bla...
Je ne vais pas développer mais TOUS ces arguments sont faux. Philosophiquement, psychologiquement, anthropologiquement, historiquement parlant.
La seule chose que l'on puisse affirmer c'est qu'il faut qu'un mâle ensemence une femelle pour qu'il y ait reproduction de l'espèce (humaine ou animale - et j'imagine que cela doit être pareil chez les extraterrestres).
Ce que l'on sait également de façon certaine, c'est qu'un mâle ne peut ensemencer un mâle et idem entre deux femelles.
Une fois ces deux postulats de base posés, on pourrait ouvrir de très larges discussions.
Malheureusement, le sujet sexuel (car au fond il y a bien de cela dans les têtes) est surtout un sujet affectif et émotionnel où la raison ne trouve guère sa place mais où la bêtise, elle, se vautre avec délectation.
Pour exemple, Frigide Barjot, fondatrice du Collectif "Pour l'Humanité durable", a mené un collectif baptisé "La Manif pour tous", samedi 17 novembre 2012, invitant à manifester CONTRE et à s'habiller en "bleu, blanc, rose" pour des défilés à Rennes, Metz, Nantes, Dijon, Bordeaux, Lyon, Marseille, Toulouse ou Paris.
Le but ? Dire "non à un bouleversement majeur et dangereux" et donc manifester son opposition à la possibilité de se marier et d'avoir des enfants quand on est homosexuel.
C'est son droit. Mais là où je m'aperçois que le débat est clairement mené par des gens plutôt bas de plafond et sans lumière à tous les étages c'est lorsque je lis les arguments censés appuyer cette opposition :
Frigide Barjot a déclaré sur LCI : "Nous allons dire simplement que sous prétexte de donner une égalité à des couples qui ne peuvent pas par nature être égaux, parce qu'ils ne peuvent pas malheureusement pour certains avoir des enfants naturellement, on est en train de changer toute la loi du droit commun, tout le code civil en niant la sexuation hommes-femmes et en niant la parenté père-mère-enfant. La parenté biologique ne peut pas être remplacée par une parenté sociale, ce n'est pas possible. L'homme doit rester le père."
Cela paraît fou mais oui, il faut expliquer à Frigide qu'accepter une chose n'implique pas de devoir en nier une autre !
Que le mot "sexuation" n'existe pas ailleurs que dans sa bouche.
Et lui apprendre (car visiblement ça ne lui a jamais traversé la cervelle) qu'elle se trompe de cible !
Car si la parenté biologique ne peut pas être remplacée par une parenté sociale (ce qui est d'une profonde débilité et d'une ignorance crasse) et que l'homme doit rester un père, qu'attend-t'elle avec son collectif pour aller manifester tous les samedis (il faudra au moins ça) pour s'opposer aux pères (les fameux biologiques) ou aux mères qui disparaissent de la vie de leurs enfants après une séparation, ne les voient que lorsqu'ils/elles sont disponibles et paient leur pension alimentaire quand ils/elles y pensent ?
Qu'attend-t'elle pour manifester contre les violences faites aux enfants par leur mère et/ou leur père biologiques et hétérosexuels ?
Qu'attend-t'elle pour secouer ces parents biologiques, semble-t'il irremplaçables, afin que son discours et son schéma mental pour une Humanité Durable tiennent la route ?
L'homme doit rester un père ?
Et bien Frigide, vous pouvez déjà commencer à arpenter le bitume, parce que vous allez être très occupée pour les années à venir si tel est votre nouveau combat : il y a un paquet de mâles dans ce pays qu'il va falloir convaincre !
Et pour info, la majorité est hétérosexuelle...
Les chiffres romains *
In One Shotvendredi 16 novembre 2012
I / Je me suis offert un nouvel ordinateur ! Un bel ordi tout neuf, un joujou high-tech, dont j'exploite 10% des capacités. Stupide, je sais mais je vous rappelle que la fut l'objet du péché originel...
II / J'ai pas mal lu** en définitive mais avec une flemme époustouflante de transmettre. Tout se perd, la transmission en premier lieu. Je comprends bien le fléau. Serait-ce que les "anciennes" des blogs littéraires se sont essoufflées sur le chemin de la blogosphère ? J'y pense depuis un moment et l'adieu de la si talentueuse tenancière du blog HappyFew a quelque peu confirmé mes soupçons (même s'il me semble qu'elle est repartie renaître de ses cendres sur Geronimo) ainsi que l'évaporation d'Amanda Meyre dont j'ai perdu la trace.
J'avais un petit rythme, je me découvre un rythme sporadique. C'est moche, je sais.
III / Je ne désespère pas d'inverser la tendance. Peut-être qu'ici, dans un lieu à mille lieues (en fait 2013 lieues pour être exacte***), il n'est pas impossible que, noyée sous une langue que le monde entier utilise mais qui n'est pas la mienne, je me vautre à coeur joie dans le maniement assidu de la langue française. Et donc que j'écrive des choses sur ce blog.
IV / Malgré mes nombreux défauts, je tiens à signaler que je lis vos commentaires.
Oui ! Ca vous en bouche un coin, hein ?
Certes, je ne réponds pas toujours, je réponds parfois quelques mois plus tard mais je les lis ! C'est juste que j'oublie d'y répondre.
V / ... Je n'ai pas de V !
Quand je vous disais que j'étais flemmarde... Ou amnésique.
* Ne cherchez pas de rapport entre le titre de ce post et ce post, il n'y en a pas. Juste le signe d'un cruel manque d'inspiration.
** Et je vous recommande chaudement :
"Je m'appelle Asher Lev" et "Le don d'Asher Lev" de Chaim Potok
***
philosophia perennis
In Ils ont écrit pour nousjeudi 28 juin 2012
Il faut un talent de conviction hors du commun voire même un petit côté gourou.
Il faut que vous croyiez en moi. Très fort. Sans restriction.
Comme je n'ai aucun talent gourou-esque, on va s'en tenir à la croyance de bonne foi sachant que n'ayant pas subventionné ce livre, je n'en retirerai aucun bénéfice financier.
Aucun d'entre nous n'a jamais reçu un tel enseignement à l'école, au collège ou ailleurs, sauf les étudiants en philo, mais ceux-là n'ont pas besoin de ce blog pour découvrir cet ouvrage.
Vous n'aurez donc jamais l'occasion, je dis bien jamais, d'appréhender l'univers de la philosophie de l'Antiquité au Moyen-Âge, de façon aussi claire, fluide et compréhensible.
Parce que sans le savoir, votre vie, notre vie, nos croyances ont été influencées par la philosophie.
De nos jours, elle ne représente plus rien. Juste des cours en fac, des professeurs et basta mais elle ne joue plus aucun rôle sur la pensée intellectuelle telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Or, tel ne fut pas le cas durant des siècles, des millénaires, bref durant un temps immensément long à l'échelle d'une vie.
Nous connaissons des bribes de concept venus du fin fond des âges, mais le sens même de ces concepts a totalement disparu. On a réinventé un sens, du très souvent aux mauvaises traductions, et on en est resté là.
"Connais-toi toi même" de Socrate n'a rien à voir avec l'instrospection freudienne. L'individualisme étant une notion que Socrate ne pouvait pas comprendre.
Epicure était un ascète au mode de vie très frugal et quiconque se dit "épicurien" aujourd'hui est tout sauf épicurien. Il est même anti-épicurien.
Ils sont nombreux, grecs puis romains, païens puis chrétiens à avoir laissé des traces sur notre histoire, à avoir creusé le lit de la pensée occidentale. Des penseurs et philosophes musulmans à qui l'on doit de pouvoir aujourd'hui lire Aristote ou d'autres illustres penseurs.
Tout cela on l'ignore, on n'y accorde pas vraiment d'importance.
Et pourtant... Cette immersion dans le passé, sous la plume de Lucien Jerphagnon, cette plongée au coeur même de la pensée intellectuelle occidentale, de celle-là même qui a façonné la nôtre, est un fantastique voyage.
D'une lecture incroyablement facile, je gage que vous ne regretterez en rien cette aventure.
Et vous en ressortirez forcément plus riche.
Comblé même.
Alors, convaincu(e/s/es) ?
PS : Oui je sais, après des semaines (des mois ?) d'absence, ce retour a un petit goût de "le retour de la momie"... Mais je sens meilleure ! Foi de revenante ;)
Du temps qu'on le lise...
In Ils ont écrit pour nousdimanche 29 janvier 2012
Marien Defalvard est tombé sur le monde littéraire comme un fou de Bassan.Sa prestation dans l'émission de Laurent Ruquier (vidéo du 24/09/2011) a été selon moi une véritable catastrophe ! Une antipub ambulante. Il s'est montré extrêmement pédant, crispé, voire même déconnecté du réel pour ne pas dire barré. Je ne vois pas du tout où étaient les fulgurances et l'aplomb qu'on lui a alloués... J'ai vu un jeune homme atteint du syndrome d'adultissime aigu qui confinait au ridicule intense.
Les twitts qui circulaient à son égard étaient épouvantables ... Peut-être trop, ce qui m'a fait basculer dans le cas des observateurs et non pas des sabreurs.
Dans le même temps les critiques sur son ouvrage "Du temps qu'on existait" étaient dithyrambiques.
Mais attention - et je ne suis pas certaine que cela soit un compliment pour l'auteur - ce dithyrambe exacerbé était en grande partie dû au fait que l'auteur avait 19 ans et même 15 ans quand il a écrit son manuscrit.
La presse aurait-elle dit les mêmes choses si l'auteur avait eu 55 ans ?
Qu'en est-il de ce ce livre ?
Tout d'abord il convient de signifier que c'est un road book. Tout comme un road movie, ce livre raconte le chemin d'un individu au travers de diverses villes et villages français.
L'histoire, je ne l'ai pas trouvée.
L'écriture si. Elle est omniprésente et peut-être même que ce livre n'est qu'écriture.
Je n'ai pas du tout le bagage littéraire pour vous dire s'il est exact que Marien Defalvard est la réincarnation de J-K. Huysmans (mort il y a 105 ans tout de même !) mais pour ce qui est de la ressemblance avec M. Proust, je ne suis pas vraiment d'accord.
Manque cruellement un parfum... du parfum... le parfum... de la nostalgie sucrée.
J'ai senti chez Defalvard des odeurs de pluies, de regrets, d'orages, de solitude mais pas le doux parfum de Proust.
Et puis le souci majeur des road books, où peut-être simplement de celui-ci, c'est l'ennui !
Un terrible ennui qui vous fait bailler et sauter les pages.
Cela pourrait se résumer à :
J'ai voulu voir Vierzon
Et j'ai vu Vierzon
J'ai voulu voir Vesoul
Et j'ai vu Vesoul
J'ai voulu voir Honfleur
Et j'ai vu Honfleur
etc...
J'ai donc entrepris une lecture assez originale de ce livre : je l'ai lu dans le désordre !
Oui je sais, c'est étrange mais figurez-vous qu'incroyablement on suit quand même l'histoire ! Oui ! Même dans le désordre !
Et là, je l'avoue, ça devient beaucoup moins rébarbatif ! De toute façon c'était l'ultime méthode pour rester accrochée parce qu'après une bonne cinquantaine de pages, M. Defalvard ne vous laisse pas le choix. Cela devient tellement pénible qu'il faut une stratégie offensive.
Ce fut la mienne.
Donc "Du temps qu'on existait", lu en dépit du sens que l'auteur lui a octroyé, est... intéressant.
Du moins par son écriture qui est parfois vraiment très belle et parfois vraiment très chiante. Un oscillement original qui laisse, vous vous en doutez, un énervement intellectuel conséquent et un vrai doute à la fin : réussite ou échec ?
Pour répondre, il faut laisser décanter plusieurs mois.
Me voilà donc trois mois plus tard.
Et il n'en reste rien !
Comme il n'y avait pas d'histoire, forcément ça, je ne risquais pas de m'en souvenir. Mais les envolées littéraires assez belles, il faut le dire, ont disparu. La phase de décantation qui aurait dû déposer au fond de mon cerveau, la belle écriture de Defalvard, s'est transformée en phase d'évaporation.
Donc à l'endroit comme à l'envers, il ne m'en reste rien.
Je ne suis définitivement pas une lectrice pour ce jeune homme qui aura trouvé un public bien plus enthousiaste que moi, je le lui souhaite.
Dans le même temps je lui souhaite de stopper l'onanisme stylistique qui rend, non pas sourd comme tout le monde le sait, mais terriblement présomptueux et je lui propose d'essayer l'accouplement avec le lecteur qui au bout du compte lui donnera beaucoup plus de plaisir qu'il ne le soupçonne...
C'est aussi cela, grandir.
The line is dead
mercredi 25 janvier 2012
Voilà comment me faire revenir : me donner une dead line !
Sans impératif temporel, je flâne, je traîne, je m'attarde et finalement je n'écris rien !
Sauf que... je viens d'apprendre que je suis invitée à lire et évaluer un manuscrit dans le cadre du prix Littéraire Femme Actuelle.
M'étant inscrite il y a des lustres pour lire et évaluer des manuscrits, et n'ayant à ce jour jamais eu droit au chapitre, j'avais, comme une multitudes de choses, dont les promesses de tenue régulière de ce blog, totalement oublié que je m'étais déclarée disponible (!) afin d'être sollicitée dans l'évaluation des premiers livres (ou pour faire clair et concis : personne n'est venu me chercher, "je" me suis proposée !).
Mais voilatipa, que ce matin Alain Gauthier s'est pointé chez moi, fier et tremblant, pour me demander mon avis sur son livre "Le Sacre du Printemps". Bon, pas vraiment Alain Gauthier, juste le facteur, mais je l'ai interprété ainsi : on me sollicite ! (et des centaines d'autres aussi, c'est exact).
Mais le plus intéressant dans cette histoire, c'est qu'on me prévient bien, en gras et en majuscules, que je dois avoir lu le livre et envoyé ma fiche "AVANT LA FIN DU MOIS DE FÉVRIER 2012".
Et nous sommes déjà, las, fin janvier !
Coup de sang, je dois réagir et vite : le devoir m'appelle !
Tout cela pour vous dire que bien évidemment, et flemmarde comme je suis, j'en profiterai pour faire un livre = 2 fiches, et que je viendrai en discuter ici.
D'ailleurs maintenant que je m'en souviens, je dois aussi discuter du livre de Marien Defalvard, qui m'a laissé un souvenir
Donc : à bientôt !
Des successions d'émotions
In Ils ont écrit pour nousjeudi 4 août 2011
En préambule à la présentation du tout dernier roman de Mikaël Hirsch : "Les successions" je voudrais vous faire part d'une réflexion qui finalement se pose comme une réponse à la question qui est souvent revenue sur ce blog et court sur tous les blogs de littérature : pourquoi un blog littéraire ?
La réponse la plus commune est assurément pour partager une émotion liée à une lecture. Mais souvent, je me suis demandée pourquoi fallait-il, pourquoi est-il nécessaire de partager cette émotion ? Une émotion a comme destin de contenter l'individu d'une manière assez égocentrique ; la partager donne-t'il plus d'ampleur à cette émotion ? Est-ce l'envie de partager cette émotion ou l'envie de faire savoir que l'on a eu une émotion qui l'emporte ? Sommes-nous dans l'altruisme ou dans le faire-savoir un tantinet exhibitionniste ? Je n'ai en définitive jamais trouvé la réponse.
Mais j'ai trouvé une autre réponse, à une question que je ne m'étais jamais posée. Comment aurais-je pu ?
Un blog littéraire qui permettrait de suivre pas à pas l'éclosion d'un écrivain... Et si cela ne devait-être que ça, ne serait-ce pas déjà formidable ? Ne serait-ce pas l'émotion ultime ?
C'est en tout cas bien grâce à ce blog que j'ai pu découvrir le parcours de Mikaël Hirsch en lisant tour à tour et au gré des publications son premier roman "Omicron" puis le second "Le réprouvé" et enfin le troisième "Les successions" avec une sortie le 25 août 2011 chez L’Éditeur.
L'exercice d'un troisième roman était difficile. Tant pour l'auteur qui avait séduit énormément de lecteurs avec "Le réprouvé" et faisait parti des huit finalistes de la sélection 2010 du Prix Femina que pour moi qui redoutait de ne pas pouvoir revivre un tel plaisir de lecture et par conséquent être moins dithyrambique. Mais que ce soit pour le lecteur qui entrouvre, avec l'appréhension d'être déçu, le dos serré du livre neuf ou pour l'auteur qui redoute les futures critiques, une fois le livre publié : alea jacta est ! (à chacun son rubicon.)
S'il fallait faire très court pour poser le synopsis de ce roman, on pourrait écrire ceci : Pascal Klein, brillant marchand d'art actuel, part à la recherche d'une toile de Chagall qui ornait la chambre se son père lorsqu’il était enfant, avant de disparaître au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Seulement, on passerait totalement à côté du livre... Car il y a plus, bien plus, beaucoup plus.
On court derrière un tableau de Chagall envolé, mais pas que...
Le "démarrage" n'est pas forcément très aisé. La facilité aurait vraisemblablement été un démarrage sous forme de dialogues, ce qui bien souvent emballe le lecteur alors même qu'il est encore sur le quai. Surtout, ne vous laissez pas distraire, vous rateriez le moment où l'histoire s'échappe et vous happe vers l'intérieur, le moment où le grand voyage débute.
On entre tout d'abord dans l'antichambre du livre, un espace, un lieu où les mots font tinter les idées. L'auteur y dépose beaucoup de réflexions (peut-être trop à mon goût) sur nous, notre monde, notre façon de vivre dans ce monde.
C'est ici que l'on perd la notion du temps comme dans ce jeu où un foulard sur les yeux on nous faisait tourner sur nous-même jusqu'à ce que disparaissent la réalité et ses certitudes.
Une fois l'antichambre traversée, c'est l'éblouissement total. Le sublime des mots le dispute à la flamboyance de la narration et l'on découvre Ferdinand.
Ferdinand de Sastres, mécène excentrique ou tout simplement fou, né en 1875 et décédé en 1940, entre dans le roman comme une fulgurance. Et ça voyez-vous, ça n'était pas dans le synopsis !
J'ai très fortement pensé à Stefan Zweig et ses biographie (Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski ; Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï ; La guérison par l’esprit : Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud et bien sûr Marie-Antoinette) en lisant celle de Mikaël Hirsch sur Ferdinand de Sastres. C'est à mon humble avis du même registre.
Cela m'a d'ailleurs suggéré que les biographies écrites par les écrivains étaient beaucoup plus resplendissantes et romanesques que celles écrites pas les historiens. Il y a dans les premières un vrai flamboiement qui n'existe pas chez les historiens. L'écrivain y met un supplément d'âme qui embrase tout le récit.
Dans "Les successions", lorsque les pages défilent, c'est un feu incandescent qui éclaire une écriture absolument sublime.
Là, c'est avéré, l'auteur a une maîtrise époustouflante de la langue française, une gamme de mots inextinguible au service de histoire, toujours au service de l'histoire (et non des mots empilés les uns sur les autres afin de camoufler la pauvreté d'un style). Il est bon de le relever car c'est assez saisissant et assez rare d'offrir un tel cadeau lexical aux lecteurs.
Les vies de Pascal Klein et de Ferdinand de Sastres s'entrelacent le long des lignes sur une chorégraphie exemplaire même si, je dois l'avouer, ma préférence va aux hommes du passé que l'auteur raconte souverainement avec une écriture très hypnotique qui vous expédie d'un revers de main en arrière, loin, très loin. C'est du talent et du travail certes mais c'en est presque magique !
Mais pas que...
Il y a du polar dans ce livre car ce tableau disparu, il s'agit bien de remettre la main dessus ! Une fois décroché du mur de la chambre paternelle, il s'est évaporé. Après des trajectoires planétaires ahurissantes et de multiples passages de mains en mains, Pascal Klein pense enfin le tenir. "Pense" car rien n'est moins certain pour une œuvre qui se balade depuis soixante ans dans le plus grand secret. L'auteur n'hésite pas une seconde à nous coiffer d'un Deerstalker à la Sherlock et à nous embarquer avec lui dans cette chasse au trésor pictural.
Mais pas que...
Car bien souvent une quête a ceci d'incroyable qu'elle offre à son investigateur bien d'autres réponses que celles-là mêmes qui étaient initiatrices du projet. Et c'est ainsi que l'auteur nous promène sur des chemins transversaux où "se" trouver devient essentiel.
Mais pas que...
Il arrive un temps où raconter un livre ne veut finalement pas dire grand chose de ce livre. Il arrive un temps où il faut suspendre l'éloquence, respirer profondément et s'aventurer.
Je vous souhaite une très belle traversée...
Suivre @CogitoRebello
La réponse la plus commune est assurément pour partager une émotion liée à une lecture. Mais souvent, je me suis demandée pourquoi fallait-il, pourquoi est-il nécessaire de partager cette émotion ? Une émotion a comme destin de contenter l'individu d'une manière assez égocentrique ; la partager donne-t'il plus d'ampleur à cette émotion ? Est-ce l'envie de partager cette émotion ou l'envie de faire savoir que l'on a eu une émotion qui l'emporte ? Sommes-nous dans l'altruisme ou dans le faire-savoir un tantinet exhibitionniste ? Je n'ai en définitive jamais trouvé la réponse.
Mais j'ai trouvé une autre réponse, à une question que je ne m'étais jamais posée. Comment aurais-je pu ?
Un blog littéraire qui permettrait de suivre pas à pas l'éclosion d'un écrivain... Et si cela ne devait-être que ça, ne serait-ce pas déjà formidable ? Ne serait-ce pas l'émotion ultime ?
C'est en tout cas bien grâce à ce blog que j'ai pu découvrir le parcours de Mikaël Hirsch en lisant tour à tour et au gré des publications son premier roman "Omicron" puis le second "Le réprouvé" et enfin le troisième "Les successions" avec une sortie le 25 août 2011 chez L’Éditeur.
L'exercice d'un troisième roman était difficile. Tant pour l'auteur qui avait séduit énormément de lecteurs avec "Le réprouvé" et faisait parti des huit finalistes de la sélection 2010 du Prix Femina que pour moi qui redoutait de ne pas pouvoir revivre un tel plaisir de lecture et par conséquent être moins dithyrambique. Mais que ce soit pour le lecteur qui entrouvre, avec l'appréhension d'être déçu, le dos serré du livre neuf ou pour l'auteur qui redoute les futures critiques, une fois le livre publié : alea jacta est ! (à chacun son rubicon.)
S'il fallait faire très court pour poser le synopsis de ce roman, on pourrait écrire ceci : Pascal Klein, brillant marchand d'art actuel, part à la recherche d'une toile de Chagall qui ornait la chambre se son père lorsqu’il était enfant, avant de disparaître au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Seulement, on passerait totalement à côté du livre... Car il y a plus, bien plus, beaucoup plus.
On court derrière un tableau de Chagall envolé, mais pas que...
Le "démarrage" n'est pas forcément très aisé. La facilité aurait vraisemblablement été un démarrage sous forme de dialogues, ce qui bien souvent emballe le lecteur alors même qu'il est encore sur le quai. Surtout, ne vous laissez pas distraire, vous rateriez le moment où l'histoire s'échappe et vous happe vers l'intérieur, le moment où le grand voyage débute.
On entre tout d'abord dans l'antichambre du livre, un espace, un lieu où les mots font tinter les idées. L'auteur y dépose beaucoup de réflexions (peut-être trop à mon goût) sur nous, notre monde, notre façon de vivre dans ce monde.
C'est ici que l'on perd la notion du temps comme dans ce jeu où un foulard sur les yeux on nous faisait tourner sur nous-même jusqu'à ce que disparaissent la réalité et ses certitudes.
Une fois l'antichambre traversée, c'est l'éblouissement total. Le sublime des mots le dispute à la flamboyance de la narration et l'on découvre Ferdinand.
Ferdinand de Sastres, mécène excentrique ou tout simplement fou, né en 1875 et décédé en 1940, entre dans le roman comme une fulgurance. Et ça voyez-vous, ça n'était pas dans le synopsis !
J'ai très fortement pensé à Stefan Zweig et ses biographie (Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski ; Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï ; La guérison par l’esprit : Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud et bien sûr Marie-Antoinette) en lisant celle de Mikaël Hirsch sur Ferdinand de Sastres. C'est à mon humble avis du même registre.
Cela m'a d'ailleurs suggéré que les biographies écrites par les écrivains étaient beaucoup plus resplendissantes et romanesques que celles écrites pas les historiens. Il y a dans les premières un vrai flamboiement qui n'existe pas chez les historiens. L'écrivain y met un supplément d'âme qui embrase tout le récit.
Dans "Les successions", lorsque les pages défilent, c'est un feu incandescent qui éclaire une écriture absolument sublime.
Là, c'est avéré, l'auteur a une maîtrise époustouflante de la langue française, une gamme de mots inextinguible au service de histoire, toujours au service de l'histoire (et non des mots empilés les uns sur les autres afin de camoufler la pauvreté d'un style). Il est bon de le relever car c'est assez saisissant et assez rare d'offrir un tel cadeau lexical aux lecteurs.
Les vies de Pascal Klein et de Ferdinand de Sastres s'entrelacent le long des lignes sur une chorégraphie exemplaire même si, je dois l'avouer, ma préférence va aux hommes du passé que l'auteur raconte souverainement avec une écriture très hypnotique qui vous expédie d'un revers de main en arrière, loin, très loin. C'est du talent et du travail certes mais c'en est presque magique !
Mais pas que...
Il y a du polar dans ce livre car ce tableau disparu, il s'agit bien de remettre la main dessus ! Une fois décroché du mur de la chambre paternelle, il s'est évaporé. Après des trajectoires planétaires ahurissantes et de multiples passages de mains en mains, Pascal Klein pense enfin le tenir. "Pense" car rien n'est moins certain pour une œuvre qui se balade depuis soixante ans dans le plus grand secret. L'auteur n'hésite pas une seconde à nous coiffer d'un Deerstalker à la Sherlock et à nous embarquer avec lui dans cette chasse au trésor pictural.
Mais pas que...
Car bien souvent une quête a ceci d'incroyable qu'elle offre à son investigateur bien d'autres réponses que celles-là mêmes qui étaient initiatrices du projet. Et c'est ainsi que l'auteur nous promène sur des chemins transversaux où "se" trouver devient essentiel.
Mais pas que...
Il arrive un temps où raconter un livre ne veut finalement pas dire grand chose de ce livre. Il arrive un temps où il faut suspendre l'éloquence, respirer profondément et s'aventurer.
Je vous souhaite une très belle traversée...
***
Ca me troue la lettre Q
In No brain... No painjeudi 7 juillet 2011
Le phénomène Catherine Millet m'a toujours laissée pantoise !
Décrire par le menu ses multiples expériences sexuelles, le summum de l'exhibitionnisme, reste pour moi extrêmement narcissique. Et un tel narcissisme me laisse... pantoise ! Ah non ça je l'ai déjà dit !
Me laisse... ébahie !
Évidemment, on pourrait me rétorquer que ma "pudibonderie" ne m'honore pas. Soit ! Mais ce ne sont pas les expériences sexuelles de Catherine Millet qui me laissent... stupéfaite, c'est son envie (besoin ?) de le dire (de le faire savoir ?).
Dans l'interview du 24 juin 2011 donnée à Rue89, Catherine Millet a renouvelé l'incroyable expérience qui consiste à me faire tomber la mâchoire !
Interview qui a d'ailleurs donné matière à de véritables emportements sur la toile puisque Catherine Millet y déclarait sereinement :
Un viol avec consentement de la femme alors ?! Bigre ! Mais si ce viol sans agression, sans menace, limite avec la permission (implicite bien sûr !) de la personne violée existe, en quoi est-ce une violence ordinaire ?
Je dois donc en conclure que Catherine Millet fait une distinction entre : un viol violent ET un viol violent ordinaire.
Et bien comme dirait l'autre : définissez "ordinaire" ?...
"Je pense que s'il m'était arrivé de me voir imposer un acte sexuel - et après tout, ça m'est peut-être arrivé, et j'ai oublié -, j'aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m'en serais tirée en me disant que c'était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. Je ne me serais pas sentie atteinte. Ma personne ne se confond pas avec mon corps."
Alors là quand même, ça vaut se pesant de cacahuètes !
Catherine Millet a peut-être été violée, elle ne sait plus ! C'est bien la première fois que j'entends une femme tenir ce genre de propos ! Et la comparaison entre un viol et la perte d'un oeil ou d'une jambe est juste... hallucinante ! Catherine mélange tout : l'atteinte psychologique et l'atteinte physique ce qui démontre à ce niveau là, un réel problème de hiérarchisation dans la pensée et les réflexions. Et alors même que j'imaginais que ses relations sexuelles comportaient un socle conceptuel original je réalise que Catherine nous a narré quelque chose de bien basique en définitive : la prostitution gratuite.
Elle décrit d'ailleurs le rapport sexuel forcé comme une prostituée décrit le rapport sexuel tout court. On dichotomise son corps et son esprit, et on attend que ça se passe.
Alors quand Catherine Millet déclare qu'elle n'a jamais été violée (enfin... du peu qu'elle se souvienne) mais qu'elle espère "que cela ne m'interdit pas d'avoir une opinion sur la question ! " je dois l'informer qu'il serait intéressant qu'elle réfléchisse vraiment à la chose avant d'avoir une opinion.
Catherine Millet vit désormais dans un monde à part, elle ne sait plus très bien si notre société actuelle est plus libérée ou moins libérée sexuellement qu'avant. Un coup c'est oui et puis finalement non. Pas facile de sentir l'air du temps quand on respire un air confiné :
"Question : Qu'est-ce qui a changé depuis dans la perception du sexe en France ?
Réponse : Un puritanisme revendicatif s'est répandu. En 2001, mon livre avait déclenché des polémiques, mais le public lui avait fait un succès. Est-ce que ce serait possible aujourd'hui ?
Comme d'autres de ma génération, je sens une régression dans la société sur tout ce qui touche à la sexualité. Même Libé titre en une que la France est en retard dans la condamnation du harcèlement sexuel !"
Bon là c'est clair, Catherine parle de régression sur tout ce qui touche à la sexualité.
(Sans manquer de brandir Libération, Saint Patron de ceux qui ont raison ?)
Mais plus tard :
"Question : Pourtant, on assiste à une judiciarisation du sexuel.
Réponse : Les gens qui ne partagent pas mon point de vue libéral sur le sexe peuvent se sentir plus agressés que jamais par ce qui leur apparaît comme une libération sexuelle générale de la société. [...] On voit des corps nus dans les musées d'art contemporain ou au cinéma, il y a une libéralisation générale de la société, beaucoup moins de censure d'Etat… Et les réactions de ceux qui ne sont pas d'accord sont de plus en plus vives."
Et encore : "Mon sentiment (je le dis avec des pincettes), c'est que les mentalités sont plus ouvertes qu'avant [...]"
Bon alors finalement il y a une libéralisation générale de la société avec une ouverture des mentalités
Alors ça régresse ou ça régresse pas ? Pas facile de suivre Catherine...
Les corps usés se rangent au placard. Ce qu'ils renvoient pourrait meurtrir.
Le sexe, apanage de la jeunesse ?
Quelle triste destin...
Explication du texte avec yetiblog
Suivre @CogitoRebello
Décrire par le menu ses multiples expériences sexuelles, le summum de l'exhibitionnisme, reste pour moi extrêmement narcissique. Et un tel narcissisme me laisse... pantoise ! Ah non ça je l'ai déjà dit !
Me laisse... ébahie !
Évidemment, on pourrait me rétorquer que ma "pudibonderie" ne m'honore pas. Soit ! Mais ce ne sont pas les expériences sexuelles de Catherine Millet qui me laissent... stupéfaite, c'est son envie (besoin ?) de le dire (de le faire savoir ?).
Dans l'interview du 24 juin 2011 donnée à Rue89, Catherine Millet a renouvelé l'incroyable expérience qui consiste à me faire tomber la mâchoire !
Interview qui a d'ailleurs donné matière à de véritables emportements sur la toile puisque Catherine Millet y déclarait sereinement :
"Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol.Une agression, c'est toujours traumatisant, bien sûr si le viol s'est fait avec violence, si vous risquez de perdre votre intégrité physique. Mais s'il n'y a pas eu ce genre d'agression, de menaces avec une arme, de coups, c'est un traumatisme qu'on peut surpasser comme n'importe quelle violence ordinaire."
Une question m'a traversé l'esprit : Un viol sans agression physique du corps que l'on viole, ça existe ? Un viol avec consentement de la femme alors ?! Bigre ! Mais si ce viol sans agression, sans menace, limite avec la permission (implicite bien sûr !) de la personne violée existe, en quoi est-ce une violence ordinaire ?
Je dois donc en conclure que Catherine Millet fait une distinction entre : un viol violent ET un viol violent ordinaire.
Et bien comme dirait l'autre : définissez "ordinaire" ?...
"Je pense que s'il m'était arrivé de me voir imposer un acte sexuel - et après tout, ça m'est peut-être arrivé, et j'ai oublié -, j'aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m'en serais tirée en me disant que c'était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. Je ne me serais pas sentie atteinte. Ma personne ne se confond pas avec mon corps."
Alors là quand même, ça vaut se pesant de cacahuètes !
Catherine Millet a peut-être été violée, elle ne sait plus ! C'est bien la première fois que j'entends une femme tenir ce genre de propos ! Et la comparaison entre un viol et la perte d'un oeil ou d'une jambe est juste... hallucinante ! Catherine mélange tout : l'atteinte psychologique et l'atteinte physique ce qui démontre à ce niveau là, un réel problème de hiérarchisation dans la pensée et les réflexions. Et alors même que j'imaginais que ses relations sexuelles comportaient un socle conceptuel original je réalise que Catherine nous a narré quelque chose de bien basique en définitive : la prostitution gratuite.
Elle décrit d'ailleurs le rapport sexuel forcé comme une prostituée décrit le rapport sexuel tout court. On dichotomise son corps et son esprit, et on attend que ça se passe.
Alors quand Catherine Millet déclare qu'elle n'a jamais été violée (enfin... du peu qu'elle se souvienne) mais qu'elle espère "que cela ne m'interdit pas d'avoir une opinion sur la question ! " je dois l'informer qu'il serait intéressant qu'elle réfléchisse vraiment à la chose avant d'avoir une opinion.
Catherine Millet vit désormais dans un monde à part, elle ne sait plus très bien si notre société actuelle est plus libérée ou moins libérée sexuellement qu'avant. Un coup c'est oui et puis finalement non. Pas facile de sentir l'air du temps quand on respire un air confiné :
"Question : Qu'est-ce qui a changé depuis dans la perception du sexe en France ?
Réponse : Un puritanisme revendicatif s'est répandu. En 2001, mon livre avait déclenché des polémiques, mais le public lui avait fait un succès. Est-ce que ce serait possible aujourd'hui ?
Comme d'autres de ma génération, je sens une régression dans la société sur tout ce qui touche à la sexualité. Même Libé titre en une que la France est en retard dans la condamnation du harcèlement sexuel !"
Bon là c'est clair, Catherine parle de régression sur tout ce qui touche à la sexualité.
(Sans manquer de brandir Libération, Saint Patron de ceux qui ont raison ?)
Mais plus tard :
"Question : Pourtant, on assiste à une judiciarisation du sexuel.
Réponse : Les gens qui ne partagent pas mon point de vue libéral sur le sexe peuvent se sentir plus agressés que jamais par ce qui leur apparaît comme une libération sexuelle générale de la société. [...] On voit des corps nus dans les musées d'art contemporain ou au cinéma, il y a une libéralisation générale de la société, beaucoup moins de censure d'Etat… Et les réactions de ceux qui ne sont pas d'accord sont de plus en plus vives."
Et encore : "Mon sentiment (je le dis avec des pincettes), c'est que les mentalités sont plus ouvertes qu'avant [...]"
Bon alors finalement il y a une libéralisation générale de la société avec une ouverture des mentalités
Alors ça régresse ou ça régresse pas ? Pas facile de suivre Catherine...
"Question : Vous écrivez pourtant sur le contact du sperme, la « souillure », être remplie de sperme, c'est une pratique qui a disparu.
Réponse : C'est vrai, je n'y avais jamais pensé. Cette fameuse image, tellement cliché, du type qui éjacule sur la figure de sa partenaire."
Bon alors là Catherine me troue la lettre Q ! Elle détient un pouvoir digne de "passe-murailles" : elle voit ce qui se passe dans les chambres à coucher françaises ! La "souillure" (quel drôle de terme !) a disparu des rapports sexuels ! Si ça c'est pas du don !Réponse : C'est vrai, je n'y avais jamais pensé. Cette fameuse image, tellement cliché, du type qui éjacule sur la figure de sa partenaire."
"Réponse : La liberté sexuelle passe par cette acceptation de toutes ces matières, ces humeurs, ces salissures ? Par l'acceptation que certains puissent en avoir le goût, oui ! Cette généralisation de la représentation du sexe dans les magazines, c'est au contraire du sexe très propre."
J'en conviens, j'en conviens... Publier des photos de scatophilie, d'urophilie, d'émétophilie ou de ménophilie dans des magazines pour dire : Voilà, le sexe, c'est ça aussi ! Open your mind que diable !
Mais pour être encore plus large que Catherine, pourquoi ne pas présenter dans les magazines culinaires des mets à bases d'humeurs également ? Pourquoi se limiter à faire valser les "différences" sexuelles ? Pourquoi pas les "différences" tout court ? Je vois les choses sur une échelle beaucoup plus large ! Pourquoi une telle restriction ? C'est mesquin tout de même !
Mais pour être encore plus large que Catherine, pourquoi ne pas présenter dans les magazines culinaires des mets à bases d'humeurs également ? Pourquoi se limiter à faire valser les "différences" sexuelles ? Pourquoi pas les "différences" tout court ? Je vois les choses sur une échelle beaucoup plus large ! Pourquoi une telle restriction ? C'est mesquin tout de même !
Et puis, et puis... Catherine vieillit... Et là c'est le drame. Le drame de la "normalité" rampante, du conformisme qui balaye les plus grandes extravagances.
Attention au choc : Catherine met des maillots de bain 1 pièce sur la plage !
Oui vous avez bien lu ! DES MAILLOTS UNE SEULE PIÈCE ! Des maillots qui couvrent les seins, le ventre et le pubis !!!
Oui vous avez bien lu ! DES MAILLOTS UNE SEULE PIÈCE ! Des maillots qui couvrent les seins, le ventre et le pubis !!!
"Question : Il y a le sujet de la nudité. Dans « La vie sexuelle… », vous dites qu'en étant nue, vous vous sentez bien. La nudité en vieillissant, comment fait-on ?
Réponse : Mon réflexe naturel, c'est plus de pudeur. Sur une plage, avant, j'étais complètement à poil. Je ne fréquentais que des plages où on pouvait être nus. Maintenant je mets un maillot une pièce. Est-ce qu'en faisant cela, je me soumets aux canons de la beauté qui valorisent les corps jeunes même si après tout, mon corps de 60 ans n'est pas forcément plus moche ? J'ai sans doute intériorisé cela oui."
Re la mâchoire inférieure qui s'effondre ! Catherine ne conçoit la liberté du corps qu'en fonction du standard médiatique admis de ce corps !!!
Si ça c'est pas du scoop, je ne sais pas ce qu'il vous faut ! Catherine aimait exhiber son corps, le prêter, le "libérer" mais à condition d'être bien gaulée ! Sinon, on range le matos et on le planque !
"J'intériorise le regard des autres, ils vont se demander ce que fait cette femme d'un certain âge nue sur cette plage. C'est une prévention mais je ne considère pas que mon corps soit une horreur, et il y a encore au moins un homme devant lequel je le mets nu, sans honte, et même avec plaisir.
Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un objet extérieur à moi. Plus le temps passe et plus c'est vrai. Je l'habille davantage sur une plage, mais c'est parce que je ne veux pas avoir l'air provocante en exhibant un corps qui n'est pas parfait."
Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un objet extérieur à moi. Plus le temps passe et plus c'est vrai. Je l'habille davantage sur une plage, mais c'est parce que je ne veux pas avoir l'air provocante en exhibant un corps qui n'est pas parfait."
Alors vous suivez ? Exhiber un corps qui n'est pas parfait, c'est de la provocation.
Mais exhiber un corps parfait c'est... c'est quoi alors ? Ah oui ! Du narcissisme.
Bon en même temps je vous mentirais si je vous disais que ça me surprend !
J'ai toujours vu chez Catherine Millet plus de narcissisme et de "Désirez-moi, ça me fait exister!" que de liberté. Mais je trouve cela triste et pitoyable. J'aurais aimé qu'elle soit vraiment libre, que sa chair soit fraiche et ferme ou qu'elle soit usée et ridée car la liberté c'est quelque chose de bien plus grandiose. La liberté n'est pas circonscrite aux plis qui marquent l'abdomen, aux chairs distendues qui ne dessinent plus les mêmes contours, les naturistes ne me contrediront pas.
Catherine Millet se trompe quand elle prétend que son corps lui est extérieur. Il ne l'a sans doute même jamais été. Ce corps, c'était elle. Son identité. Tant qu'il était beau, elle était belle, elle était fière de lui. Elle l'offrait comme un divin cadeau preuve de sa grande générosité. Et maintenant quoi ? Elle en a honte, elle le cache, elle se cache. Elle ne veut plus qu'il affronte le regard des autres car il n'est tellement pas extérieur à elle, que le fait qu'il puisse inspirer le dégoût la frappe en plein cœur. Il est donc directement relié à sa psychée.
Comble de la tristesse : "Ce qui change aussi, c'est qu'on arrive à un âge où on se concentre plus sur le travail à faire que sur le libertinage." Les corps usés se rangent au placard. Ce qu'ils renvoient pourrait meurtrir.
Le sexe, apanage de la jeunesse ?
Quelle triste destin...
Explication du texte avec yetiblog
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